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En épidémiologie, les modèles mathématiques
simples sont généralement appelés modèles synthétiques,
par opposition aux modèles analytiques qui, dans la terminologie
du chapitre précédent correspondent aux modèles à
composantes multiples.
Le développement d'une maladie se compose d'un nombre déterminé
de processus, d'interactions entre le parasite et l'hôte, qui se
déroulent selon un ordre fixe. Cette suite de processus peut être
étudiée d'une façon analytique ou synthétique.
Dans une étude analytique, on va essayer de tenir compte des différents
processus: germination des spores, formation d'appressoria, pénétration
etc... Chaque processus peut être influencé individuellement
par différents facteurs déterminants. Les modèles
analytiques seront étudiés dans le chapitre 12. Dans les
modèles synthétiques, appelés aussi modèles
descriptifs, on effectue la synthèse de plusieurs processus, c'est
à dire qu'on ne s'interesse qu'à l'état final du système
et non pas au cheminement qui a conduit à cet état (concept
de la "black box"): qu'un champigmon produise deux fois moins
de spores ou que ses spores aient un taux de germination deux fois plus
faible ne change rien à l'épidémie.
VANDERPLANK (1982) divise les modèles synthétiques en deux groupes:
Trois valeurs sont en tous cas essentielles pour les deux groupes de
modèles: l'inoculum primaire, le rapport descendants/parents (cf.
chap. 9) et la période de latence.
Tous les modèles de ce type sont exprimés par la forme:
dN/dt = f(t, HP, X, W, C,...) + U
où dN/dt = variation de la quantité de maladie avec le temps, t = temps, HP= paramètres de l'interaction hôte/parasite, X = taux d'infection, W = environnement, C = taux d'infection maximum (carrying capacity), U est un terme rassemblant tous les facteurs qui influencent dN/dt mais qui ne sont pas pris en compte par la fonction f. Ce facteur tient compte en particulier des variations statistiques naturelles.
Les modèles présentés jusqu'ici sont des modèles
de ce type, mais grandement simplifiés puisque tous les paramètres
de l'interaction hôte/parasite, de l' environnement, etc... sont
rassemblés en un seul paramètre: r (taux de croissance) ou
Rc.
Ce modèle a été utilisé par Malthus en
1798 pour modéliser la croissance de la population. Il assume que
la croissance d'une population est directement proportionnelle à
l'importance de cette population:
dX / dt = r * X
L'intégration donne:
X(t) = X(0) * er*t
En épidémiologie végétale, ce modèle ne peut être utilisé que pendant la phase de départ d'une épidémie.
Son nom vient de son utilisation pour la modélisation de réactions
chimiques monomoléculaires. Il est utilisé pour la modélisation
de croissance limitée par un maximum (carrying capacity), par exemple
la croissance de cellules.
dN / dt = r * (C - N)
Intégré:
N(t) = (N(0) - C) * er*t + C
Ce modèle est utilisé en épidémiologie pour la description de maladies monocycliques (cf. chap.2).
Ce modèle a été proposé pour la première
fois par Verhulst en 1838 et développé par Pearl en 1920,
c'est pourquoi il est aussi appelé modèle de Verhulst-Pearl.
C'est le modèle le plus employé en épidémiologie.
Il est basé sur une croissance exponentielle, mais prend en compte
qu'une population ne croît normalement pas au-delà d'une certaine
limite naturelle (carrying capacity). Cette équation peut être
utilisée dans tous les processus où les ressources sont limitées.
dN / dt = r * N * (C - N)
(r est appelé par Vanderplank taux de croissance apparent d'une épidémie) l'intégration donne:
N(t) = N(0) * C / [N(0) + (C - N(0)) * e-C*r*t]
C'est un modèle fréquemment utilisé en écologie
animale et pour la dynamique des populations.
dN / dt = r * N * (ln C - ln N)
intégré:
N = e(-B * exp(-r * t))
B étant la constante d'intégration. Le point d'inflexion de la courbe se situe à N = 1 / e = 0.37.
Ce modèle peut être utilisé pour des épidémies qui ont au début un taux de croissance élevé et plus tard une croissance ralentie (due par exempleà la résistance ontogénique de certaines plantes).
C'est un modèle très flexible, où la forme de
la courbe représentant le taux de croissance peut être variée
par le paramètre m. Cette courbe n'est symmétrique que pour
m=2.
dX / dt = r * Xm / (1-m) * (1 - x (1-m))
Il est facile de vérifier que le modèle de Richards correspond
au modèle monomoléculaire pour m=0, au modèle de Gompertz
quand m -> 1, et au modèle logistique quand m=2.
L'intégration donne:
X = (1 + B * e-r*t)1/(1-m)
où B est la constante d'intégration qui est égale
à X(0)(1-m) - 1
Le point d'inflexion de la courbe est dépendant de m et se trouve
à X = m1/(1-m) et donc à X=0.192 pour m=0.33,
X=0.29 pour m=0.66, X=0.368 (1/e) pour m=1, X=0.5 pour m=2 et X=0.58 pour
m=3.
Cette équation a souvent été utilisée comme
fonction de répartition.
dX / dt = c / b * [ln 1/(1-X)](c-1)/c * (1
- X)
où b est un paramètre d'ajustement qui est inversement proportionnel au paramètre r connu. Le paramètre c, quant à lui, détermine la forme de la courbe et peutêtre comparé au paramètre m du modèle de Richards.
Une technique fréquemment utilisée en épidémiologie,
consiste à adapter une fonction à des données existantes.
Différentes fonctions sont utilisées à cet effet,
l'important étant de trouver la plus adéquate au but recherché.
La technique des moindres carrés est souvent employée dans
la recherche des paramètres de ces modèles. La meilleure
fonction de régression passant le plus près des données
à disposition est malheureusement souvent une fonction polynomiale
de la forme:
X(t) = B0 + B1 * t + B2
* t2 + B3 * t3 + ... + Bn *
tn + U
où les Bi sont des paramètres constants et U l'erreur non expliquée.
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